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Entretien d’Emmanuel Macron sur BFMTV et Mediapart

Frappes occidentales en Syrie, grève à la SNCF, suppression de l’ISF et de la taxe d’habitation, blocage des universités… Le président de la République,Emmanuel Macron, s’est expliqué sur les dossiers chauds de sa première année de mandat, dimanche 15 avril, lors d’une émission spéciale organisée par BFMTV et Mediapart. Emmanuel Macron était interrogé par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel.

Sur la Syrie: « Nous avons la pleine légitimité internationale pour intervenir »

Sans surprise, le président de la République a d’abord dû s’expliquer sur sa décision de frapper militairement la Syrie, aux côtés de Washington et Londres. « Cette décision, la France l’a prise sur le principe dès dimanche dernier, 48 heures après les premières traces d’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta orientale. Elle est conforme aux engagements que nous avons pris », a indiqué Emmanuel Macron, avant de se féliciter de la réussite de l’opération : « C’est exactement ce que nous voulions faire. »

Emmanuel Macron s’est ensuite justifié sur l’opportunité de ce choix. « Nous avons obtenu par nos services et ceux de nos alliés des preuves que du chlore, des armes chimiques, avaient été utilisés », a-t-il déclaré. Relancé sur l’absence d’accord à l’ONU sur le sujet, le président a assuré : « Nous avons la pleine légitimité internationale pour intervenir en Syrie ». Emmanuel Macron a cependant reconnu qu’« on obtient pas la paix en faisant des bombardements ».« La France et ses alliés n’ont pas déclaré la guerre à Bachar al-Assad », a-t-il ajouté.

Sur la fraude fiscale: « Nous serons intraitables »

Le président de la République a été malmené sur la fiscalité. Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel l’ont interrogé sur l’optimisation fiscale pratiquée par certaines entreprises, exemples à l’appui. « Ce que vous qualifiez de fraude fiscale, ce n’est pas pénalement puni par la loi », a défendu Emmanuel Macron, avant de souligner sa volonté d’harmoniser la fiscalité européenne. Il s’est toutefois défaussé sur son administration : « Le président de la République ne donne aucune instruction en matière de contrôle fiscal ». « Nous serons intraitables en matière de fraude fiscale, je m’y engage », a-t-il conclu. Emmanuel Macron a ensuite défendu le verrou de Bercy, qui laisse le monopole des poursuites fiscales au gouvernement.

Sur la suppression de l’ISF: « Je n’ai pas fait de cadeau »

Le président de la République a également été interrogé sur son choix de supprimer l’ISF. « Je n’ai pas fait de cadeau [aux plus riches], a assuré le président de la République. J’assume totalement les gestes fiscaux faits sur l’ISF. Le but, c’est quoi ? De garder les talents, de les attirer et de permettre de réinvestir dans notre économie ».

Sur la taxe d’habitation: « Il n’y aura pas de nouvel impôt » pour compenser

Emmanuel Macron est revenu sur la suppression de la taxe d’habitation. Il a promis que cette suppression ne serait pas compensée par de nouveaux impôts. « Il n’y aura pas de création d’un nouvel impôt local, ni d’un nouvel impôt national » d’ici à 2022, a-t-il promis.

Sur une deuxième journée de solidarité: « C’est une piste intéressante »

Le sujet de la dépendance a été abordé. « On vit de plus en plus longtemps en bonne santé. Mais se crée sous nos yeux un âge de la dépendance, où on retombe dans une forme de vulnérabilité. Au début comme à la fin de la vie, c’est la collectivité nationale qui va devoir le prendre en charge. C’est un nouveau risque [de la Sécurité Sociale] qu’il va falloir construire », a-t-il estimé. Pour financer ce nouveau risque, la création d’un deuxième journée de solidarité non payée est « une piste intéressante ».

Sur la SNCF: l’Etat reprendra progressivement la dette à partir du 1er janvier 2020

Autre annonce importante de cet entretien, celle sur la dette de la SNCF. « Oui, à partir du 1er janvier 2020, l’Etat reprendra progressivement la dette » de l’entreprise ferroviaire, a déclaré Emmanuel Macron. Cette mesure était l’une des revendications phares des syndicats. Emmanuel Macron avait déjà annoncé jeudi que cette dette serait reprise « pour partie » et « progressivement »à mesure que les réformes entreraient en vigueur à la SNCF.

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