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Grèce: Tsipras annonce 1,4 millard d’euros de mesures sociales pour les couches populaires

Rééditant une opération politique faite en décembre 2016, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé lundi soir, lors d’un message télévisé surprise, des mesures de soutien social de 1,4 milliard d’euros au vu des performances budgétaires de 2017.

Se prévalant de performances budgétaires ayant permis au pays de dégager en 2017 un excédent primaire (hors service de la dette) « bien supérieur » à l’objectif de 1,75 % du PIB fixé par les créanciers, il a annoncé la redistribution en faveur des « couches populaires » d’un surplus de 1,4 milliard d’euros. Sur ce total, 720 millions seront destinés à soutenir sous la forme d’aides exceptionnelles et en fonction d’une série de critères les ménages dont les revenus annuels ne dépassent pas 18 000 euros par an, soit un total de 3,4 millions de personnes, a-t-il précisé.

Une ligne de 315 millions sera affectée au remboursement de dépenses de santé imposées aux petits retraités. L’entreprise publique surendettée d’électricité, DEI, recevra pour sa part 360 millions pour subventionner les tarifs favorables accordés aux plus vulnérables. Ces mesures attestent « des priorités politiques et sociales » du gouvernement, le seul issu de la gauche radicale dans l’UE, a souligné Alexis Tsipras, distancé dans les sondages par l’opposition de droite.

Cette annonce intervient alors que le pays, désormais loué pour ses efforts de réforme par ses créanciers, se prépare à sortir de sa mise sous perfusion financière, avec son retour prévu en août 2018 sur les marchés dont l’accès lui a été barré en 2010.

617 millions d’euros de mesures fiscales

Alexis Tsipras avait déjà annoncé par surprise des mesures sociales début décembre 2016, d’un montant de 617 millions d’euros, sous la forme notamment d’un soutien exceptionnel aux plus petits retraités. Cette initiative, à l’époque sur fond de bras de fer avec les bailleurs de fonds sur de nouvelles réformes à adopter par le pays, avait profondément irrité Berlin, suscitant dans la foulée une réaction de la zone euro. Mais Athènes, notamment soutenu par Paris, avait fini par faire prévaloir ses vues.

Le service statistique grec a entre-temps confirmé que le pays avait réalisé en 2016 un excédent budgétaire primaire bien supérieur à ce que lui réclamaient ses créanciers, à 3,7 % du PIB, au prix d’une coupe tous azimuts dans les dépenses publiques et d’un alourdissement de la pression fiscale.

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