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Les Européens décident de limiter les aides de pré-adhésion à la Turquie

A Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement ont débattu des relations avec Ankara. Plutôt que de rompre les négociations d’adhésion, ils se sont rabattus sur une mesure financière.

Poussée par son challenger social-démocrate Martin Schulz durant la campagne électorale, Angela Merkel avait promis de remettre à plat la relation de l’Union européenne avec la Turquie . A peine arrivée à Bruxelles, jeudi, elle est passée aux actes, en déclarant qu’elle allait « soutenir une réduction des fonds de pré-adhésion ».

Dans le budget 2014-2020, ces fonds représentent 4,5 milliards d’euros – même si une infime partie de cette somme a été effectivement versée. En fin de soirée, elle a précisé que les chefs d’Etat et de gouvernement s’étaient entendus pour demander à la Commission européenne de limiter ces financements « d’une manière responsable ». Une référence au fait qu’ils pouvaient soutenir, non pas le gouvernement, mais aussi les populations.

Exaspération à son comble

L’exaspération des Européens vis-à-vis d’Ankara est à son comble – à l’exception de la Pologne , qui vient de rappeler son attachement à une adhésion de la Turquie à l’UE. Le statu quo devenait intenable face aux opinions publiques. La purge sans précédent des opposants au régime depuis le coup d’Etat de juillet 2016 , mais aussi les provocations du chef de l’Etat, Recep Tayyip Erdogan, à l’encontre de plusieurs pays européens (Allemagne et Pays-Bas) inquiètent fortement.

A son arrivée à Bruxelles, Angela Merkel a résumé la situation en jugeant que « les changements en Turquie sont très négatifs du point de vue des valeurs démocratiques ». « Non seulement des Allemands sont arrêtés mais tout l’Etat de droit en Turquie avance dans la mauvaise direction. Cela nous inquiète beaucoup », a-t-elle déclaré.

«Créer une rupture serait une erreur »

Pour autant, la solution radicale d’une rupture des négociations n’est pas à l’ordre du jour. Certes, quelques dirigeants estiment qu’une telle option permettrait de clarifier les choses une bonne fois pour toutes. C’est la position qu’a défendue le jeune chef de file des conservateurs autrichiens, Sebastian Kurz, dont le parti vient de remporter les élections législatives. « Les négociations d’adhésion avec la Turquie doivent être rompues », a-t-il plaidé à Bruxelles, alors que son gouvernement n’était pas encore formé.

Mais en réalité, précise un diplomate européen, « cette position est assez minoritaire ». A Paris notamment, on estime que « créer une rupture serait une erreur ». Cela remettrait immédiatement en cause l’accord avec la Turquie sur les réfugiés qui a permis d’enrayer très fortement l’afflux massif de réfugiés et compromettrait la coopération dans la lutte contre le terrorisme.

A plus long terme, c’est le risque de voir Ankara achever sa dérive et perdre tout ancrage occidental, alors que la Turquie reste un partenaire stratégique de l’Otan dans une région instable. « Il nous faut aussi rétablir le dialogue » avec Ankara, a plaidé la chancelière allemande, évoquant les réussites de la coopération sur le terrorisme et la nécessité de « remplir nos engagements » au sujet de l’accueil des réfugiés en Turquie. Ce qui implique un versement additionnel de 3 milliards d’euros…

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