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Réunification de Chypre: conférence internationale cruciale à Genève

Après trois jours de négociations entre le président chypriote grec Nikos Anastasiades et le leader chypriote turc Mustafa Akinci, Genève accueille ce jeudi une conférence internationale cruciale.

Les trois «garants» de la sécurité de l’île, la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne, sont représentés, pour le moment, par leurs ministres des Affaires étrangères Nikos Kotzias, Mevlut Cavusoglu et Boris Johnson. L’UE , représentée par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ainsi que Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, est présente en qualité d’observateur.

Cette réunion « historique », destinée à soutenir le processus de paix, sera présidée par le nouveau Secrétaire général de l’ONU, le Portugais Guterres, dont ce sera le premier voyage hors des Etats-Unis depuis qu’il a succédé au Sud-Coréen Ban Ki-moon le 1er janvier.

Les cartes d’un futur État fédéral échangées

Pour la première fois depuis la division de Chypre il y a 42 ans, les cartes d’un futur État fédéral ont été échangées mercredi soir à Genève entre les deux délégations et confiées à l’ONU. C’était l’ultime étape dans les négociations marathon entamées lundi au Palais des Nations, siège européen de l’ONU.

Peu avant l‘échange, lors d’une conférence de presse, le médiateur de l’ONU, le diplomate norvégien Espen Barth Eide a expliqué le déroulé de cette scène : “Elles seront présentées dans une pièce spéciale, avec les deux dirigeants, moi et un cartographe de chaque bord.“ “Elles seront ensuite transférées dans un coffre et resteront en possession de l’ONU“, a-t-il ajouté. “La carte définitive résultera du processus global.“

« C’est un moment très important, historique », avait-il poursuivi. « Nous n’avons jamais eu dans le passé un échange de cartes ou une présentation de cartes créées par les délégations chypriotes elles-mêmes », avait-il relevé.

Le médiateur, qui suit toutes les négociations depuis la relance du processus de paix en mai 2015, avait toutefois précisé que ces documents ne seront pas rendus publics, « en raison de l’extrême sensibilité de cette question ».

M. Eide a indiqué que les positions des deux délégations rivales sur le tracé des futures composantes de l’Etat fédéral n’étaient éloignées que « d’un pour cent ».

Bien que largement minoritaires, les Chypriotes turcs contrôlent actuellement 36% de l’île. Selon les médias chypriotes, la partie grecque serait disposée à leur accorder 28,2% du futur État, alors que la partie turque en réclamerait 29,2%.

Le médiateur norvégien a déclaré que « toutes les questions » ont été abordées depuis lundi, surtout « les plus difficiles »: la gouvernance du futur État, la sécurité des deux entités, les propriétés spoliées et bien sûr le découpage territorial.

Interrogé sur le commentaire du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui a parlé de « toute dernière chance » pour régler le problème de Chypre, M. Eide avait préféré parler de « meilleure chance ».

« Je suis absolument convaincu que c’est la meilleure chance » de réunifier l’île, a-t-il dit, en affirmant que le futur État chypriote serait membre de l’Union Européenne.

M. Eide a rappelé que toute solution de paix devrait être ensuite soumise à un référendum dans les deux parties de l’île. « Nous n’avons pas besoin de repartir de Genève avec une date de référendum », a-t-il cependant déclaré, en réponse à une question.

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